Dans l’univers de… Ramadier & Bourgeau
Rencontre avec Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau, parrains littéraires 2026 et auteurs de la célèbre série « Le livre qui » — 10 ans, 10 émotions, 10 albums pensés pour les tout-petits.
Extrait de GRAND, le magazine annuel et gratuit de l’école des loisirs.
10 ans, 10 émotions, 10 « Le livre qui » : racontez-nous la genèse de cette série.
Cédric : J’avais dessiné dans un de mes carnets ce livre avec un visage, très simple. J’avais envie d’un rapport direct du livre au lecteur, une « histoire » où l’enfant fait les mêmes gestes, les mêmes demandes qu’on lui fait quand on le couche. Une amusante (ou sérieuse, c’est selon !) transposition. J’étais très excité par cette idée, je sentais que je tenais quelque chose de singulier.
Vincent : Par rapport à l’idée initiale de Cédric, j’ai apporté le personnage de la petite souris, intermédiaire entre l’enfant et le livre.
Comment s’est opéré le choix des émotions et de leur couleur ?

Vincent : C’est toujours très instinctif, très direct. Ça nous surprend nous-mêmes parfois ! Une fois que Cédric a une idée, une histoire, nous passons ensuite du temps à la travailler.
Pour cette série (qui n’en était pas une au premier livre !), nous n’avons pas pensé en termes d’émotions. D’ailleurs, Le livre qui dort parle du sommeil. C’est au fur et à mesure des idées de Cédric que certaines émotions ont été abordées, ainsi que d’autres actions (aller à l’école, dormir, avoir mal…). Pour les couleurs, c’est mon travail d’associer la couleur au sujet du livre. Certaines sont évidentes dans notre culture (le rouge pour la colère, le rose pour l’amour).
Cédric : Pour la suite, quand on a compris que l’on en ferait beaucoup, j’ai dressé une longue liste de livres possibles en y associant à chaque fois une couleur, ainsi cela permettait de réfléchir un peu en amont. Mais lors de la réalisation, on les a parfois changées.
Pourquoi susciter l’interaction entre le tout-petit et l’objet-livre grâce au personnage de la souris ?
Cédric : Le premier livre aurait pu fonctionner de manière très directe, mais pour certaines actions, c’était plus doux d’avoir un personnage intermédiaire. J’avais noté cela, sans pour autant avoir une idée précise. Par la suite, la souris imaginée par Vincent s’est imposée dans mon écriture, elle est devenue le relais. Il me semble que cela permet également à l’adulte lecteur de prendre de la distance et ainsi de laisser le livre et le petit avoir un rapport plus direct grâce à cette souris. L’enfant, la souris et le livre forment un trio, l’adulte n’est là que parce qu’il sait lire !
Vincent : C’est une facette presque magique que donne l’objet-livre : l’enfant lui-même, âgé de peu d’années, devient acteur de l’histoire qui est proche de sa vie quotidienne. On sent à la lecture le plaisir qu’il en retire !

Comment crée-t-on une exposition à hauteur des tout-petits ?

Cédric et Vincent : Comme nos livres, mais dans un espace ! Nous cherchons toujours à dialoguer avec les enfants. Une seule chose nous paraît obligatoire : à hauteur d’enfant, mais sans se restreindre : être direct, naturel, simple… et surtout soi-même s’amuser !









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© Illustrations Vincent Bourgeau