Lorsque j’ai travaillé à l’élaboration des propositions d’installations de l’association, j’aurais lié le thème des (Re)trouvailles à celui des séparations vécues par le trio parents-enfants-professionnels. Celles-ci sont en effet loin d’être anodines et méritent qu’on leur accorde une attention toute particulière. Elles ont lieu au quotidien matin et soir, une fois que l’accueil collectif a débuté. 

Néanmoins la toute première séparation, les séparations vécues dans d’autres lieux, avec d’autres personnes (quant bien même il s’agisse de proches), ou encore dans d’autres contextes (une hospitalisation, un week-end en amoureux, un décès dans la famille, etc) ; seraient potentiellement à mettre en mots également, tellement elles revêtent chacune des accompagnements possibles et des enjeux importants. 

Cependant aujourd’hui le thème des (Re)trouvailles m’évoque une toute autre dimension dont les enjeux me semblent capitaux. 

J’exerce depuis quelques temps en établissement d’accueil pour mineurs porteurs de troubles moteurs. Je mesure le chemin à parcourir afin de faire avancer ce que l’on nomme « l’inclusion ». 

C’est ainsi que les (Re)trouvailles seraient pour moi aujourd’hui comme un credo ; une envie de créer des liens, des ponts entre des milieux qui ne se connaissent que très mal et qui se rencontrent que très épisodiquement. Je souhaiterais que des (Re)trouvailles puissent avoir lieu entre ces enfants nécessitant un accompagnement pluridisciplinaire bienveillant, et ceux qui sont accueillis de façon plus classique dans les EAJE ou les écoles. Cela demanderait de nombreux ajustements, réorganisations, un fonctionnement globalisé et « à la carte », une grande volonté des pouvoirs publics et des professionnels concernés. Cela demanderait de penser ensemble, de co-créer un monde ouvert, adapté à chacun quels que soient ses besoins. 

Alors nous pourrions vivre-ensemble, se découvrir, se rencontrer, s’apprivoiser à la manière du « Petit Prince » de St Exupéry. Ainsi ces enfants sortis du cursus classique pourraient re-trouver le monde extérieur ; et leurs parents, peut-être, re-trouver la possibilité de travailler. 

La trouvaille serait de voir, de sentir, de savoir au plus profond de soi que tous et toutes ont les même droits ; que les personnes handicapées sont des personnes douées de sentiments, d’envies, de projets avant d’« Être » des personnes porteuses d’une pathologie ou d’une déficience. 

La trouvaille serait de se connecter à ce que la personne est, de façon à pouvoir se trouver enfin. 

Céline Boudet, iIngénieure pédagogue, membre du comité éthique et pédagogique et de l’équipe ECLA 

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